Roquebrune Cap Martin
+33(0)4 93 83 06 36

La Préparation

Comment préparer un voyage aussi long et aussi complexe ? Il n’existe pas d’école de l’aventure et nous avons donc dû faire des choix et délimiter les grands axes…

Le Goût de l'Aventure

Une première étape incontournable : LIRE, LIRE et LIRE encore !

Les grands voyages libèrent du temps et la philosophie même de ces voyages incitent les navigateurs à pousser leur réflexions très loin. C’est ainsi que la littérature regorge de récits de voyages, d’aventures et de conseils. C’est 5 ouvrages qui nous ont réellement aidés à avancer :

  • Antoine – Mettre les voiles

Que l’on aime ou non Antoine, sa plume et son ton sont légers et chaque phrase est teintée de lumière et de joie de vivre. Cet ouvrage a été le premier et c’est toujours avec plaisir que je l’ouvre au hasard d’une page pour retrouver son inimitable énergie.

  • Bernard Moitessier – La Longue Route

Un héro, une légende, un mythe, Bernard Moitessier, déjà grand navigateur à l’époque, a forgé sa légende en balayant du bras de la liberté ses intérêts directs lors la Golden Globe Race de 1968. Il quitta la course après avoir passé le Cap Horn et repris la route de l’indien pour « tenter de sauver son âme », des mots qui résonnent encore…

  • Jimmy Cornell – Routes de grandes croisières

Une véritable bible qui recense toutes les routes, les périodes propices et les informations relatives aux grandes traversées en croisière. Un puit sans fond de rêveries et de parfums lointains…

  • Les Glénans – Le cours des Glénans

La navigation à la voile est un monde à part entière et l’ouvrage le plus complet pour le décrire reste le Cours des Glénans, plus de 1.000 pages de croquis, conseils et retours d’expériences des millions de milles nautiques parcourus par les skippers formateurs de l’école.

  • Michael Crichton – Pirates

Il fallait au moins un roman, celui-ci nous a transporté et fait ressentir le frisson des caraïbes au temps de la piraterie. Un roman puissant et une histoire follement inspirée d’une réalité déjà romanesque.

Les permis

Une bonne entrée en matière consiste à passer le permis côtier. Loin d’être infranchissable, le côtier permet au moins une initiation aux pratiques de la plaisance et chaque plaisancier se rappellera du mémo-technique : « Bacille Rouge et Tricot Vert », on vous laisse chercher si vous ne connaissez pas…

La partie devient vraiment intéressante avec le permis hauturier qui s’axe quasi-exclusivement sur la navigation et le calcul des routes et caps en fonction des éléments (courant, vent, magnétisme etc…) Le permis hauturier répond à une vraie problématique, aujourd’hui la navigation électronique prends de plus en plus de place, mais que se fait-on lorsque tout tombe en panne ?

Et bien c’est précisément le moment où le chef de bord prévoyant, qui s’était fait moquer en achetant un stock de cartes SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), va arborer le sourire le plus empli de fierté, tout en cherchant sa règle de Cras et son compas pointe sèche qui pourtant sont toujours rangés dans ce tiroir…

C’est avec ces 2 permis en poche que nous continuons notre préparation !

Validation du CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphonie) en mars 2019

La Navigation à la voile

La navigation à la voile ne peut pas s’improviser sur un projet comme Thalas, avant tout il s’agit d’apprendre, c’est pourquoi nous avons procédé par palier :

  • Les stages au Glénans

La lecture du Cours des Glénans a naturellement ouvert la voie vers la découverte en pratique, et c’est sur un catamaran entre la Corse et la Sardaigne que nous avons initié notre découverte de la navigation et notre passion sincère pour l’océan.

  • La pratique régulière en Méditerranée et en Manche

Originaire de Normandie, Thomas a pu naviguer dans les eaux de son enfance perfectionnant ainsi son appréhension des marées et des courants.

  • La traversée Monaco-Corse

Notre première vraie navigation fut en 2017 une traversée de Monaco à Olbia en Sardaigne, ce fut une réelle étape marquante et transcendante. Notre famille s’en est sortie plus unis que jamais et convaincue que notre avenir devait être et serait lié à la mer et à l’océan.

  • Les navigations en famille

Depuis maintenant 5 ans, nous naviguons sur un petit voilier de 28 pieds dans notre secteur des Alpes Maritimes. De petites iles en petits ports, nous continuons à apprendre et continuerons toujours.

Se projeter sur des navigations transocéaniques impliquent nécessairement l’appréhension des tempêtes et des réactions à avoir en conséquence. Le stress et la peur de ces moments peuvent couper les moyens intellectuels et la meilleure façon de s’y préparer, c’est de pratiquer.

La Sécurité

Une chose importante qu’enseigne la navigation, c’est notre incapacité totale à vaincre la mer, elle gagnera toujours. Que nous soyons à l’abri d’un cap ou en plein océan nous ne sommes jamais à l’abri d’une mauvaise surprise de Poseidon qui déchaînera la loi de Murphy.

La loi de Murphy dit que « tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera mal » et nous pouvons rajouter « au pire moment » . Concrètement sur un bateau, c’est dans la tempête que les cordages lâcheront et c’est au même moment que le mal de mer surprendra l’équipage. C’est pourquoi la qualité essentielle d’un chef de bord et d’anticiper chacune des avaries possibles et de s’assurer une maîtrise des événements.

Thomas a rejoint la SNSM en 2017 et en moins de 2 ans a effectué plus de 100 exercices de survies, d’entrainements au sauvetage, au remorquage, au secourisme, aux manoeuvres motorisées dans tous les temps et conditions possibles. Pour lui chaque exercice revêtait un caractère d’anticipation spécifique à des situations futures.

Cette école de la navigation en équipage, où la mission est de sauver, implique une notion de maîtrise absolue des événements. C’est parce que les sauveteurs maîtrisent leur environnement et leur équipement qu’ils peuvent mesurer et décider de prendre des risques nécessaires au sauvetage. L’objectif premier d’un sauveteur est de rester vivant et en sécurité.

Médical

Loin de nos repères de santé le moindre bobo ou maladie peut devenir une véritable source de problème et de gravité. Un bateau est constitué en grande partie d’angles et ces angles deviennent contondants quand la houle vous projette dessus. La navigation tropicale met aussi en contact avec toute sorte d’infections bénignes ou non… C’est pourquoi une formation sérieuse de secourisme et de base médicale est nécessaire.

Audrey, para-médicale de formation est capable d’effectuer de nombreux gestes et de prodiguer des soins. Thomas, partant du néant a effectué la formations aux premiers secours professionnels PSE1 et PSE2.

Une formation médicale de grande croisière est prévue, elle synthétise les formations médicales 2 et 3 de la marine marchande. Elle est dispensée (entre autres) à Toulouse au centre hospitalier Purpan. Il faut savoir que tous les marins français qu’ils soient professionnels ou plaisanciers peuvent être mis en relation avec le CCMM le Centre de Consultation Médicale Maritime, un service de médecine maritime à distance, et ce où qu’ils soient dans le monde. Ce département de médecine constitué de médecins entrainés à faire effectuer des gestes d’urgences médicales par des néophytes impose le respect et l’admiration. Ce sont les anges gardiens des marins.

Validation du PSE1 en février 2019

Validation du PSE2 en avril 2019

Mécanique

Dans un environnement marin, l’état naturel stable d’un mécanisme motorisé et/ou électronique et communément appelé « La Panne », il conviendra d’injecter une somme d’efforts et de dépenses irrationnelles pour atteindre un état instable et  éphémère appelé « le fonctionnement ».

Par cette simple phrase pleine d’humour, il est résumé la majorité des besoins sur un bateau. Réparer, nettoyer, démonter, remonter, changer, refaire etc… bref une connaissance en mécanique est absolument nécessaire pour réagir et ne pas paniquer lors des multiples pannes.

Audrey à 18 ans faisait déjà la révision de sa voiture seule et était capable de changer des plaquettes de freins. Thomas, grâce à ses expériences professionnelles d’été au chantier naval familial et ses expériences mécaniques personnelles, a une connaissance de base qui ne demandera qu’à s’étoffer. C’est en ce sens qu’il assiste régulièrement le mécanicien SNSM intervenant sur les moteurs de 800 chevaux chacun de la vedette de sauvetage.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron et c’est en réparant que l’on apprends à connaitre son bateau.

DSC_0045